La Catastrophe dans un monde en mouvement
Un monde en mouvement
Fin 1989 début 1990, l'impensable se produit : par effet domino, l'effondrement de l'Union Soviétique signe l'arrêt de mort de la République Populaire de Mongolie qui s'était libérée en 1921 de la domination chinoise. La nouvelle constitution adoptée en 1992 instaure une démocratie parlementaire et une économie de marché en lieu et place de l'idéologie marxiste-léniniste.
Ce mouvement voit naitre une revitalisation sans précédente, un sentiment nationaliste étroitement corrélé à une quête de ses racines.
La recherche des traditions occupe une place centrale dans la définition d'une identité mongole. Le fondateur de ce qui fut le plus grand empire mondial d'un seul tenant , Gengis Khan, redevient la figure tutélaire d'un grand mouvement intellectuel.
Tout recommença par la rediffusion de la chronique de "l'Histoire secrète des mongols " datant du treizième siècle, ou l'on découvre le dur sort de l'enfant orphelin qu'était Temüjin, le futur Cinggis-Qaghan. Ce fut un cheminement qui, de trahisons en amitiés, d'effrois en témérités, mena au triomphe sa bravoure d'homme et son intelligence de chef, forgeant son destin de bâtisseur d'empire. On assiste au lancement de la dynamique qui entraînera ses descendants à poursuivre sa marche de conquête.
Dans le système chamanisme mongol originel, il existe trois composantes de la notion de personne:
- une unité de vie individuelle: c'est elle qui se réincarne
- un principe générique : c'est la force vitale contenue dans le souffle et distribuée par lots
- une unité physique et matérielle: c'est le corps.
L'anormal se situe dans la singularité et la marginalité. Le mot "catastrophe" renvoie à des événements qui seraient uniquement néfastes. Mais la réalité des catastrophes est bien plus complexe et ambivalente, à tel point qu'elle soulève d'importantes controverses. La société actuelle est remise en question parce que ses modèles de prédiction, de gestion et de prévention ont fait défaut.
La réconciliation des deux mondes de vie, nomade et sédentaire, longtemps opposés est toujours le challenge de la vie actuelle des mongols.
Il y deux mondes :
- le Médiocristan où la moyenne joue un rôle essentiel et un individu a peu d'impact sur la masse.
- l'Extrémistan où l'extrême joue un rôle essentiel et un individu a un fort impact sur la masse.
Dans un monde médiocre, les extrêmes sont des erreurs. Dans un monde extrême, la masse est vue en erreur, une miette de l'extrême.
Quel impact sur notre vision du monde ?
Même si l'événement a peu de chance de se produire, son impact sera tel qu'il changera durablement le monde.
Comprendre un peu cela est le défi lancé à cette mission franco-mongole de formation en médecine de catastrophe : comprendre ce qui fait catastrophe, c'est aussi comprendre les façons dont sont construits les mondes, étudier ce qui défait une existence, c'est aussi saisir ce qui la fonde.




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